25 févr. 2018

Harvard : snacks/pizzas et inflammation, une prédiction confondante périmée ?

Bonne nouvelle : les pizzas et les snacks sont associés une inflammation réduite ! Mais, surprise, la consommation de tomate est au contraire associée à plus d’inflammation.

Ce qui pourrait vous sembler être une blague est un travail « sérieux » de l’Ecole de Santé Publique de Harvard. Oui, avec même du Pr Walter Willett dedans. Comment en est-on arrivé là ?

8 janv. 2018

Pour des recommandations considérant l'impact des transformations

La dernière grande enquête de l’alimentation des français, INCA3 publiée en 2017 [1], a montré que les aliments des catégories de la fameuse pyramide alimentaire sont de plus en plus consommés sous forme transformée. Environ 50% des plats consommés par les adultes sont préparés par l’industrie. Des données de la cohorte NutriNet-Santé [2] montrent que les ultra-transformés représentent une part importante de la diète des français (18,4% des aliments en poids, 36% des calories apportés).

Alors il est temps de considérer les transformations des aliments et des ingrédients dans les recommandations, et pas seulement les apports en nutriments par catégorie d’aliments (surtout les macronutriments). Non, le NutriScore (sur lequel se base aussi l’application Yuka) n’est pas forcément la bonne voie, il néglige les process et reste le fruit d’une approche réductionniste (oui, je vais en parler souvent de celle-là). Il peut même provoquer un effet de halo, alors qu’un aliment classé A sera probablement moins sain qu’un aliment brut pas classé du tout : mais lequel va choisir le consommateur ? Peut-être que l’on ferait bien de se tourner vers l’étranger. Exemple du Brésil qui mis en place en 2014 de nouvelles recommandations : finie la pyramide des féculents/légumes/protéines/autres, le Brésil recommande de manger des repas cuisinés composés d’aliments bruts ou très peu transformés. Pas de score pour aider à choisir parmi la pléthore d'aliments ultra-transformés de nos supermarchés : on conseille tout simplement de les éviter. Leur guide alimentaire [3] est une approche globale et pragmatique, considéré comme le meilleur au monde aujourd’hui par beaucoup d’experts. Sa mise en pratique est une autre paire de manches dans un pays où les grandes firmes agroalimentaires usent de multiples stratégies pour s'arracher un marché au potentiel de croissance très lucratif (voir l'article du New-York Times, discuté aussi par Naturacoach sur sa page facebook). Les recommandations sont au moins en phase à cette réalité : un véritable déferlement de junk food.

Références
[1] Etude INCA3
[2] Julia, Chantal, et al. "Contribution of ultra-processed foods in the diet of adults from the French NutriNet-Santé study." Public health nutrition (2017): 1-11.
[3] Guide alimentaire du Ministère de la Santé Brésilien

6 janv. 2018

Aliments ultra-transformés à l'honneur

Ce mois-ci, numéro spécial sur les aliments ultra-transformés (AUT) dans le Public Health Nutrition journal ! Un recueil d’une vingtaine d’études récentes des 4 quatre coins du monde : France, Canada, Brésil, Espagne, Suède, USA, Colombie, Liban... 

29 nov. 2017

Feed : le réductionnisme en nutrition mis en poudre

Que penser du récent concept des boissons-repas ? Pas celles vous vendant le rêve d’une perte de poids miraculeuse, non, celles se destinant à remplacer un repas complet pour manger toujours plus facilement. Pour citer les plus connus : Soylent et Huel outre atlantique, Feed depuis peu en France. Le principe est simple : rajoutez de l’eau à une préparation en poudre, secouez, le repas est prêt. Etant donné le martelage « santé » frontal de Feed opéré sur leur site, interviews et sur les réseaux sociaux, j’ai presque été incité à y jeter à un œil avec des allégations comme : « repas complet », « nutritionnellement parfait », « chaque bouteille contient les ingrédients nécessaires pour remplacer un repas complet ».

Nutritionnellement parfait, rien que ça ? Alors prenons une de leur bouteille pour l’exemple : joliment prénommée « Légumes du jardin ». Quitte à remplacer un repas complet, autant que celui-ci contribue à nos apports en légumes !