21 avr. 2017

La composition nutritionnelle pour les Nuls [épisode Amandes/Avocat]

La série "Nutrition de comptoir" s'éternise mais les scénaristes trouvent de nouvelles idées à chaque épisode. Récemment, sur la télévision publique, un reportage a fait un focus sur l'amande. Avec un titre presque désobligeant pour elle (qualifiée de "super-aliment", sic), on s'attendait à une mise au point sur sa super-composition nutritionnelle. Y-a-t'il du mieux depuis le gag de la spiruline ?

27 févr. 2017

"La vitamine D réduit le risque de rhume de 12%" : FAUX !

Nous sommes toujours en hiver, et toujours confrontés aux infections respiratoires propices à cette saison : rhinovirus, bocavirus, influenza et parainfluenza virus, coronavirus, virus respiratoire syncytial... on est loin de tous les connaître, parmi les quelques 180 000 virus par minute que nous respirons quotidiennement [1] (pas de panique, l’extrême majorité nous laisse tranquille !). Diminution de l'ensoleillement et donc de la vitamine D, celle-ci est en conséquence considérée comme une hypothèse expliquant l'association entre ces incidences épidémiques et les saisons froides. Du coup, quand une étude sort à ce sujet, la presse santé dégaine les gros titres. Et elle n'y va pas de main morte, je cite : "Voici un puissant anti rhume, la vitamine D", ou d'autres, plus humoristiques comme "Rhume : la vitamine D meilleure que la vitamine C". Forcément, il est facile d'être plus efficace que quelque chose dont on n'a toujours pas prouvé un vrai bénéfice clinique (mais le débat n'est pas clos) [2].
Cette efficacité a un chiffre qui revient souvent : 12%. D'après une majorité d'articles de presse, francophone ou anglophone, le risque de rhume serait réduit de 12% par une supplémentation en vitamine D. D'autres vont au delà, comme de 20 à 70% de réduction du risque. On va voir ce que ce n'est pas tout à fait vrai...
Alors que la déficience en vitamine D est un réel problème de santé publique [3], il convient d'être précautionneux : l'excès de zèle n'est pas l'ami du monde scientifique et médical et de sa relation, déjà bien tourmentée, avec le grand public. Petite mise au point sur l'étude qui fait parler d'elle.


6 nov. 2016

Chia, nouvelle star de la superfood academy

"La graine de Chia, vous en pensez quoi docteur ?"
Une question qui revient souvent ! A laquelle je réponds d'abord par une autre interrogation: "Pourquoi en mangez-vous ?" (il faut toujours comprendre ce qui guide ce facétieux être humain avant de tenter d'éclaircir son chemin).
Deux raisons, très succinctes, me sont souvent données: "Je crois qu'il y a beaucoup d'oméga 3" et "J'ai lu que c'était bon pour la santé". Autant la première fait appel à quelque chose de matérialisable, si tant elle est vraie, autant la deuxième montre à quel point il suffit d'être lu pour être cru (franchement, dites-moi, pourquoi je m'embête à écrire des articles rationnels et rigoureux qui prennent un temps fou, alors que je pourrais jouer dans la junk-information ?).

23 mai 2016

Reportage sur la spiruline : attention aux faux chiffres

Hier un reportage a été diffusé sur les algues alimentaires sur France 5. Les algues peuvent certainement s'intégrer à une alimentation saine, mais sans tomber dans le travers des "super-aliments", ces fameux aliments miracles, souvent exotiques et étrangers aux traditions culinaires de celui qui est séduit. L'herbe semble toujours plus verte ailleurs... La spiruline, plus souvent présentée et vendue sous forme de complément alimentaire, en est un exemple bien connu. Mais il a fallu, vous l'aurez deviné, que les journalistes en rajoutent encore.

17 avr. 2016

Les inégalités de conversion des précurseurs d'acides gras essentiels

Consommer trop ou peu d'oméga 6 (n-6) issu du monde végétal (acide linoléique, AL), donc de tournesol, de sésame, de soja, d'arachide ou encore d'oléagineux, n'aurait pas le même effet chez tout le monde. Idem pour la consommation en acide alpha-linolénique (ALA, n-3). La réponse à un régime déséquilibré en acides gras n-3 et n-6 dépend de votre génétique car de votre génétique dépend votre faculté à transformer ces précurseurs !

9 mars 2015

Des pommes résistantes donc moins traitées?

L'image de la pomme est écornée. Symbole d'un fruit santé universel, elle devient le symbole des excès de la chimie agricole. Plus la pomme est belle et plus elle devient désormais suspecte, au grand dam de tout un système qui a cherché à la rendre parfaite, sans trace de sa lutte face aux bioagresseurs. Le fameux dicton "an apple a day keeps the doctor away" (une pomme par jour éloigne le médecin) traverse une mauvaise passe, et les patients ne manquent pas d'en faire allusion. Ils nous confient régulièrement leurs interrogations face aux résidus de pesticides, aux effets sur leur santé, et si finalement ils ne feraient pas mieux de nous les balancer en pleine figure pour nous éloigner ! A nous de leur rappeler les bénéfices (cardiovasculaires, respiratoires, métaboliques, anti-cancers [1]) associés à la consommation de pomme, même traitée, en lien probable à sa haute teneur en composés phénoliques. A nous de leur rappeler la possibilité de les consommer sans résidus de pesticides de synthèse avec des pommes issues de l'agriculture biologique.

Y-aurait-t'il une alternative ? On entend de plus en plus parler de pommes dites résistantes, telles que: Ariane®, Antarès®, Choupette®, Juliet®, la dernière née Story®... Elles nécessiteraient bien moins de pesticides: on entend dans les médias des chiffres variables, rapportant une réduction de 50%, voire de 90% ?! Dans le dossier de presse d'Ariane®, un producteur témoigne: "Je ne pratique plus qu'un traitement fongicide sur 10". Ces pommes bénéficient d'un marketing important avec sticker d'identification et site internet dédié, et souhaiteraient faire leur place entre les pommes conventionnelles sur-traitées et les pommes de l'agriculture biologique. Quand elles ne sont pas à la fois résistantes et biologiques ! Qu'en est-il en réalité ? Sont-elles plus écologiques ? Allez-vous ingérer moins de pesticides avec ces pommes ?

25 janv. 2015

Comment les œufs souffrent face à l'agresseur, et actualité

Au sommaire:
- un retour bêtisier sur l'émission la Quotidienne consacrée aux œufs
- comment cuire et conserver ses œufs?
- un nouvel acteur s'engageant dans la filière des œufs oméga 3 Bleu-Blanc-Coeur

Vous l'avez peut-être vu, l'émission la Quotidienne sur France 5 a diffusé le 7 janvier 2015 un programme dédié en partie à l’œuf. Je ne pouvais qu'être au courant, ayant reçu une invitation pour y participer. Autant vous dire ma surprise de voir que des journalistes préparant un thème alimentaire atteignent mon petit blog presque confidentiel. Je me suis dit que les temps changent, qu'on prend le temps de rechercher des sources inhabituelles et qui tentent d'être pertinentes. Au lieu de se tourner vers les éternels référents de la nutrition grand public: nutritionnistes abonnés aux plateaux TV ou représentants communication des filières "poids lourds" du marché.

23 août 2014

En quête du graal de l’œuf (de supermarché)?

Au détour d'un de mes rares passages dans une chaîne de magasin ayant le malheur de se trouver bien loin de mon domicile, je remarque un œuf qui ne passe pas inaperçu. Un œuf de grande distribution qui rejoint les principes nutritionnels et écologiques? Un œuf aux labels complémentaires et non redondants? Afin de mettre tout le monde content et de sortir de cette spirale de désinformation?